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Louis-Pierre Bougie > Revue de presse > ARTS VISUELS – REFLETS DE LA CONDITION HUMAINE

ARTS VISUELS – REFLETS DE LA CONDITION HUMAINE

David Cantin, Le Devoir, Les arts
Publié le 5 mai 2001
 
Louis-Pierre Bougie et compagnie (deuxième édition)
Une exposition à la galerie Madeleine Lacerte 1, côte Dinan À Québec Jusqu’au 15 mai 2001

Heureuse initiative de la part de la galerie Madeleine Lacerte, à Québec, que d’inviter pour une deuxième édition Louis-Pierre Bougie et une dizaine d’artistes à venir témoigner d’une approche contemporaine en gravure. Membre fondateur de l’Atelier circulaire, l’artiste montréalais poursuit une oeuvre qui interroge sans cesse notre présence au monde. On connaissait déjà l’exigence révélatrice ainsi que la mystérieuse beauté qui émanent de ses oeuvres. Voilà que Bougie invite d’autres créateurs de son entourage à produire, pour l’occasion, une série de trois gravures inédites sur un même thème. Le résultat surprend et enchante. Une véritable rencontre.

Une grande cohésion unit ce collectif qui a toutefois l’avantage de présenter des univers où figuration et abstraction se recoupent sans se nuire. Des repères sensibles sont donc particulièrement évocateurs en ces mondes étranges. On commence ce parcours en observant les trois petites gravures que Bougie peaufine à l’aide de contrastes saisissants entre le bleu et le noir. Les courbes de ces formes ramènent à une présence organique qui semble en pleine éclosion.

Chez François Vincent, le trait noir demeure beaucoup plus épais et reproduit une sorte de violence de la mémoire. L’humain et l’animal se rencontrent dans un mouvement des plus instinctifs. L’effet ne manque pas d’éclairer des détails qui surgissent d’une profondeur lumineuse. Le noir et le blanc définissent aussi la subtile Anarchie que Charlotte Fauteux transpose dans l’épaisseur de la ligne comme celle des formes qui éclairent l’invisible. Par ailleurs, Quatre corps de Jean-Pierre Sauvé opte pour des couleurs beaucoup plus vives. Entre le rouge, le vert et le noir, c’est le profil d’un corps immobile qui se dresse au milieu de toute sa verticalité. Est-ce un geste d’abandon ou de départ? Encore une fois, c’est la précision abstraite des lignes qui permet de supputer sur les transformations en cours d’une oeuvre à l’autre.

Regard d’enfant
Le mur du centre s’ouvre sur une étape transitoire entre les deux espaces de la galerie Lacerte. On retrouve, chez Jean-Pierre Morin et Elmyna Bouchard, la même vision du monde empreinte d’une naïveté tout enfantine. Artiste de Québec, Morin invente des Satellites qui adoptent de curieuses imperfections. Les rondeurs deviennent brutes et accumulent nécessairement des traces implicites.

On se souvient des oeuvres séduisantes qu’Elmyna Bouchard avait exposées en 1999 chez Lacerte. Ces trois gravures récentes impliquent toujours une superposition de la tache et du dessin. L’organisation revoie à une spontanéité, une poésie, de même qu’à un immense dépouillement de la forme. On retient d’ailleurs La Maison comme un exemple très convaincant de la recherche esthétique préconisée par Elmyna Bouchard. Un peu plus loin, les Intérieurs de François-Xavier Marange gravitent autour de représentations de cellules vivantes. On remarque immédiatement les qualités et l’expérience d’un graveur aussi talentueux que Marange. Il faut se rapprocher pour voir à quel point les détails se multiplient.

Chez Lucie Jolicoeur-Côté, les Arabesques capricieuses font ressortir une substance terreuse du pigment. Les bruns en viennent à se fondre dans les plaques de noirs. On s’interroge sur ce qui sépare ces îlots de matière.

Une frénésie semblable s’empare des Catalanes de Francine Simonin. Les contrastes, du vert à l’orangé, rappellent un ordre à l’intérieur du désordre, une harmonie qui surgirait du chaos. Un processus alchimique s’opère au cours de ce triptyque fait de métamorphoses.

Les deux derniers artistes s’inspirent principalement du nu féminin. Marc-Antoine Nadeau travaille à partir de couches de couleurs. On retiendra surtout cette splendide estampe, Femme étendue nue.

Par contre, dans le triptyque de Denis St-Pierre, Côtoiement insiste sur l’apparition comme sur la disparition de certaines parties de l’anatomie humaine. L’illusion fascine alors qu’une suite de curieux agencements ne fait que rapprocher l’énigme de vivre et l’acte de naître. Une façon étonnante de mettre fin à cette exposition.

S’il n’y a qu’un détour à faire dans une galerie de Québec ce printemps, on suggère très fortement d’apprécier l’émotion unique de ces maîtres contemporains de la gravure. Louis-Pierre Bougie et compagnie mérite tous les éloges.

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